Le bruit de sa voiture qui tourne dans l'entrée, vous entendez le moteur qui s'arrête, la porte qui claque. Votre coeur bat plus fort, il rentre à la maison.
Ses pas résonnent sur la galerie de la maison et vous entendez le son de la poignée de porte qui tourne doucement, votre coeur bat encore plus fort, il entre dans la maison et dépose sa boîte à lunch, il vous regarde longuement, les yeux dans les yeux.... tout votre corps tréssaille, vos muscles se raidissent, tous vos sens en alerte vous guettez le moindre mouvement......
"Comment ça que la maison est comme ça, salope?!, tu fais rien de tes journées? J'espère que le souper est prêt parce que MOI je TRAVAILLE alors que TOI tu ne fais ABSOLUMENT RIEN de tes crisses de journées"
Voilà, la peur vient de vous prendre aux trippes, cette peur sournoise comme une maladie qui n'a pas de nom, comme si le ciel de votre vie s'était tout à coup assombrit. Après les mots, douloureux, traîtres vient le silence, lourd, trop pesant pour être supporté. Les enfants font du bruit, parlent entre eux, s'agitent c'est si normal lors d'un souper en famille.
Chaque son lui assène un nouveau coup sur son système nerveux, vous le voyez? il renfonce sa tête dans son cou, son silence devient de plus en plus lourd, ses machoires se crispent de plus en plus, vous commencez à vous demandez si ses dents vont résister et vous priez (bien que vous pensez que le Seigneur vous a abandonné depuis longtemps) que le souper ne s'éternise pas plus longtemps.
Vous avez horriblement hâte que les enfants se trouvent quelques choses à faire et le pire c'est que vous savez pertinemment qu'ils sont au courant de tout, ils savent, ils savent qu'après le souper, lorsqu'ils seront partis, occupés ailleurs, la foudre et le tonnère vont s'abattrent sur vous
Ils cherchent à leurs manières à eux, en étirant le souper en détournant l'attention de leur père sur eux à vous aider et vous de votre côté vous faites exactement la même chose. Vous vous accusez des erreurs ou des oublis qu'ils commettent, vous les poussez chez leurs amis, qu'ils sortent, aillent dans leur chambre peu importe mais par pitié, qu'ils ne restent pas dans le danger svp mon Dieu.... protégez mes enfants....
Vous êtes continuellement triste, soucieuse, vous avez de la peine et vous avez mal, mais rien ne se compare à ce qui vous traverse dans l'esprit quand vous vous regardez dans le mirroir. L'image qu'il vous renvoit est celle d'une femme désemparée, traquée, démolie et le discours que vous vous tenez à ce moment est encore pire que celui de votre époux.
Les bleus, se cachent tellement bien, ceux sur votre coeur, sont presqu'indélébiles.
Comment faire cessez cette torture? Comment pouvons-nous aider celles qui souffrent? Il est inconcevable que les bras qui devraient vous protegez sont ceux qui vous blessent.
Pouvons-nous aider?